Souvent sans savoir pourquoi, il me vient l'envie, je dirais même le besoin d'écrire ! Pourquoi ? juste pour me sentir bien ! Parce que on ne peut réfréner ses pulsions, je prends mon beau plume, ou ce bon vieux critérium, et je m'acharne à noircir une page qui était restée jusqu'alors blanche comme neige ...
Je ne sais jamais ce que je vais raconter !
Parfois ce sont juste des mots, un mot que je peux réécrire cent fois s'il le faut car il m'inspire. Parfois c'est une nouvelle ! un personnage qu'on ne sait pas encore ! on l'invente, on l'imagine au fur et à mesure que l'histoire se met en place !
Il n'est que très rarement décrit pour que chaque personne puisse s'identifier à celui ci ! On ne mentionne donc pas sa couleur de peau, sa taille, sa physionomie, rien, rien de tout ça ! Tout ce qu'on sait, c'est que c'est un Homme !
Il marche ! Car il a besoin de marcher, car il a besoin de se détendre ! Il marche, toujours plus loin, toujours plus longtemps !
il se met à gravir des sommets, car il marche jusqu'à ce qu'il s'écroule. Il s'effondre sur le sol, il chute, son c½ur battant comme jamais. Il ne peut plus avancer ! Non, il rampe ! il avance lentement, s'écorchant les doigts sur le bitume d'une vieille route. Il persévère... mais après s'être trainé sur quinze mètres, il s'affale sur le sol... Il peine à se retourner mais y parvient après un effort surhumain ...
Il est maintenant face à la voute céleste... c'est une belle nuit, pense-t-il, elle est sans lune, mais possède une myriade d'étoiles, telles les âmes des ancêtres, elles me contemplent, elles contemplent ma petitesse, ma misère vie d'homme !
Il leve tant bien que mal le poing vers le ciel, et se lance : "Regardez le fils, le descendant de votre chair ! Regardez moi ! Je n'ai rien fait de glorieux comme vous vous l'avez fait de votre vivant !
Je ne serais pas l'ancêtre que l'on nommera pour sa renommé ! Certes ! Mais qui puis-je ?
Je ne souhaitais peut être pas au fond de moi être reconnu de tous ! Je ne saurais jamais comme vous !"
Il ravale un sanglot enfouit depuis tant d'années. Il poursuit : "Regardez moi ! Je vais mourir... oui, je suis conscient qu'il ne me reste que peu de temps... Et j'ai marché encore, et encore... J'ai voulu faire ce que personne d'autres n'avait fait, c'est à dire fuir !
J'ai fui, j'ai fui ce monde de profits, j'ai fui ce monde uniforme, dicté par quelques hommes !
Je savais que je ne résisterai pas à se voyage, mais j'ai continué d'avancer... Pourquoi ? Juste pour voir si là-bas, il y a le bonheur !
Et durant cette longue procession, j'ai vu le bonheur de mes yeux !" Maintenant, il a le sourire aux lèvres... Il a su trouver ce que tant d'hommes ont cherché auparavant. Il a trouvé le Bonheur..
"Je l'ai vu oui... Il est partout. J'ai vu deux enfants jouer dans une flaque d'eau, pataugeant au grand dam de leurs parents. Ils étaient heureux, car ils pouvaient s'amuser. J'ai continué mon périple, et j'ai vu un groupe de jeunes gens assis autour d'un feu, chantant et buvant, racontant des histoires et s'embrassant, sous l'oeil bien veillant d'un brasier dansant. J'ai vu un homme adossé à un pommier, jouant de la guitare ! La nature semblait l'écouter.. J'ai vu un coin de paradis où il n'y avait que des animaux et pas les constructions humaines.
Les oiseaux chantaient et et il sentait bon les fleurs !"
Mais déjà l'Homme s'arrête.... il finit d'une voix essoufflée mais sur d'elle : "Il y a en ce monde toute sorte de bonheur, mais nous le voyons que trop tardivement ! Alors que je vais mourir, je viens de découvrir le Bonheur !
Mais ce qui me rend le plus heureux, c'est que je mourrai en sachant qu'ici bas, il y a le Bonheur !". L'homme ne parle plus. Il a les yeux grands ouverts et un sourire sur son visage ! Il est mort, mais il est mort heureux.
Alors, je sais que ma nouvelle peut se finir là, oui, car elle a dit ce que je voulais dire. Elle est une fois de plus courte, mais elle sait transmettre une idée.
Alors, je pose mon stylo, je contemple ce que j'ai écrit, et je la range dans un trieur, entre un cours d'espagnol et un brouillon d'Histoire. Je ne la ressortirais surement jamais.
Mais, ça m'aura fait du bien d'écrire. Et vous, vous écrivez quoi ?